Cité mystère

Isaac Harari

harari-aquarelles.fr

 

 

 

 

 

 

 

CITÉ MYSTÈRE

 

à partir de 2000

 

 

Après la période géométrique, après les griffures, après les Vénitiennes voici la période actuelle: Venelles, arches, portiques, escaliers, façades. Le regard est descendu plus bas. La Ville est un décor, un théâtre, un labyrinthe. La Cité est un mystère. Depuis les Vénitiennes, il s’est passé quelque chose d’important : naguère, j’avais besoin de la présence quasi constante du réel pour peindre, et le travail de l’imaginaire se faisait, en filigrane, l’œil rivé sur le motif. Aujourd'hui il m'arrive de temps à autre de peindre longuement sur le motif. Parfois je tombe en arrêt devant une façade, une ferme, une superbe superposition « cubiste », je peins et j’assume pleinement le travail « sur le motif ». Mais pour la thématique des « labyrinthes », des villes-décor, des villes-théâtre, des façades palimpsestes, je peins d’imagination, et parfois mon support papier, c’est une vieille aquarelle « ratée », avec « de beaux restes » : je frotte, je gratte, j’efface, je peins, et, par couches successives, je « rêve » cette patine du Temps. Et je découvre, surpris, des aquarelles inattendues. Hasard et surprises de l’imaginaire, de l’inconscient ; mais rigueur dans la composition, dans le jeu des verticales, des horizontales et des courbes.

 

 

 

 

 

 

 

Façades palimpsestes 1, 40x53cm

 

 

 

 

Une sélection des œuvres de cette période: (cliquez pour voir les tableaux dans leur intégralité)

 

 

« Chez Isaac Harari les arches rouges, les coupoles, les volets, les arbres mêmes sont transparents, empêchant qu’on ne croie à un monde concret. Tout ici est transparent : arches et coupoles devenues esprits….. La lumière ici est celle d’un univers en suspension. L’huile et l’aquarelle permettent transparence et opacité, transparence sur l’opacité….. Il ne cherche jamais à rendre la lumière perceptive, qu’elle soit vénitienne ou parisienne ; plutôt lumière originelle, purement intérieure ;….. c’est elle qui donne à ses aquarelles leur rayonnement étrange, pénétrant.

D’autres figures : pilier, coupole, grenade, maisons massives, degrés, couloir, viennent structurer l’espace….. Son rêve oriental n’apparaît que longtemps après l’exil, dans sa peinture, dans les villes occidentales. L’Orient de ses tableaux est un rêve, un oubli de l’ici et du maintenant….. Isaac Harari n’est pas étranger à l’Europe et à son temps, Poliakov, Klee, De Staël ont eu de l’importance pour lui ; je lis pourtant, dans la précision et la violence de ses aquarelles, une tradition plus ancienne qui leur donne leur aura….. Ruelles, couloirs et escaliers dérobés sont comme des décors de théâtre en puissance de représentation, ou vus de l’arrière. Dans l’imaginaire rôdent des trames et des personnages.»

Henri Léwi, 2009

Parchemin palimpseste, 36x48

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